Monsieur Donian m'ayant laissé un commentaire intéressant puisqu'il m'interroge sur une question de fond (HQE et iso 14001); ce qui me change des questions L Ouch, je préfère lui répondre par cet article car la réponse à sa question mérite mieux qu'un un rapide commentaire, vous le comprendrez aisément. Et comme je le dis et démontre au travers de mes projets pour Pont de l'Arche: toujours vous informer, c'est toujours mieux vous faire participer à votre avenir !
La démarche de la haute qualité environnementale (HQE) a pour but de guider les collectivités locales dans une approche environnementale. Elle leur permet d’intégrer l’environnement non seulement dans la logique de la construction publique, mais aussi désormais dans les opérations d’aménagement. Il ne s’agit ni d’une réglementation ni d’un label, mais d’une démarche volontaire de management d’opérations. Encore faut-il se donner les moyens de pouvoir s'ancrer dans une réalité écologiquement active. Pont-de-l'Arche n'étant pas encore à la pointe ni au début de cette démarche.
L’objectif de la HQE est, avant tout, de créer ou réhabiliter des bâtiments en prenant en compte la protection de l’environnement, pour le bien des usagers et des collectivités. Un « bâtiment HQE » répond ainsi à des attentes premières : un logement où les habitants soient en bonne santé, se sentent bien et paient des charges modérées ; une école où les élèves et les enseignants trouvent de bonnes ambiances de travail, en ce qui concerne la température, l’éclairage, l’acoustique, la qualité de l’air. DPAS ne considère pas ce dernier point concernant nos enfants et le personnel municipal comme une broutille mais comme un essentiel besoin de mieux et de meilleurs pour les nôtres.
Si le bâtiment doit offrir de bonnes conditions de vie à ses habitants, il faut aussi qu’il soit favorable à l’environnement, au sens large : contribution à un paysage, bonne intégration des services urbains (assainissement et écoulement des eaux pluviales, collecte sélective des déchets, réseaux de chaleur, desserte en transports collectifs, etc.), réduction des consommations de ressources naturelles et des rejets.
L’association HQE a mis sur pied un « référentiel », qui permet de structurer la description de l’environnement pour un bâtiment. Ce langage commun de la démarche HQE consiste en « quatorze cibles » : sept pour l’environnement et le confort des occupants, et sept pour l’environnement en général.
HQE et management
La démarche HQE propose une méthode de gestion des projets, pour que des choix raisonnés soient faits dans les meilleures conditions possibles, appelé « système de management des opérations »(SMO). Il s’agit, dans les faits, d’une déclinaison du système international de management environnemental ISO 14001, adapté aux opérations de construction. Il va guider la collectivité locale dans les différentes phases de l’opération HQE. Pour cela, sa réflexion doit intégrer quatre dimensions complémentaires, qui sont partie intégrante du SMO :
- le site, qui doit faire l’objet d’une analyse approfondie, pour en comprendre les atouts, qualités, sensibilités et contraintes particuliers, et y inscrire au mieux le projet (voir cible 1, notamment) ;
- les objectifs de l’opération et les enjeux environnementaux qui y sont associés ;
- les besoins et les souhaits des futurs utilisateurs – qu’il est important de consulter à chaque fois que cela est possible – pour identifier les niveaux de performance et les qualités fonctionnelles attendus pour que le bâtiment remplisse convenablement sa mission, tout en envisageant ses évolutions futures ;
- les orientations générales de la collectivité locale en matière de politique environnementale, de manière à ce que le projet, au-delà de sa propre utilité, puisse contribuer à des objectifs généraux et s’intégrer dans une stratégie d’ensemble, en la renforçant, en lui donnant plus de cohérence et de lisibilité.
En effet, la HQE est une démarche qui doit s’inscrire dans une politique municipale et d'agglomération d’ensemble. Pont-de-l'Arche – La CASE
HQE et aménagement
Historiquement, la HQE a été conçue pour les bâtiments et non pour les quartiers ou les villes. La préoccupation environnementale dans les procédures d’aménagement est, en effet, déjà prévue par la loi française depuis bientôt trente ans (1976), alors que les bâtiments n’étaient pas visés par l’obligation d’étude d’impact ou d’environnement, sauf exception. Mais la HQE pour les bâtiments révèle une démarche qui va plus loin. Il a donc paru nécessaire de souligner l’importance de la charnière entre l’urbanisme et la construction, avec la cible qui porte le numéro 1 dans la présentation traditionnelle de la HQE : « relations harmonieuses des bâtiments avec leur environnement immédiat ». Cet objectif stratégique renvoie ainsi, en amont, à la conception de l’aménagement. Pourtant, le nombre d’interlocuteurs, leurs relations plus ou moins conflictuelles, les emboîtages d’échelles et d’autorités, ainsi que les discontinuités de calendrier rendent l’exercice singulièrement difficile à l’échelle d’un ensemble urbain. Il a donc semblé plus sage de commencer par le bâtiment, et ensuite d’élargir progressivement le champ de la démarche HQE. La HQE a donc éclairé le débat, en proposant une définition explicite de la qualité environnementale pour un bâtiment, avant de lancer la réflexion dans le domaine de l’aménagement, opération en cours actuellement.
Expérimentation
L’association HQE, avec le soutien de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), du ministère des Transports, de l’Équipement, du Tourisme et de la Mer (Direction générale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction, Plan urbanisme, construction, architecture) et du ministère de la Culture et de la Communication (Direction de l’architecture et du patrimoine), a souhaité tester la faisabilité d’une démarche de type HQE sur des opérations d’aménagement. La méthodologie a pour but de maîtriser les impacts environnementaux des opérations d’aménagement, d’accroître leur qualité globale, ainsi que celle des futures constructions, dans une perspective de développement durable. À l’usage des aménageurs privés et publics, elle est applicable aux aménagements de type lotissement et aux Zac simples. Elle reprend les démarches mises en place à l’échelle du territoire – schémas de cohérence territoriale (Scot), programmes locaux de l’habitat (PLH), plans locaux d’urbanisme (PLU), agendas 21, etc. – et prépare la démarche HQE à l’échelle du bâtiment. Elle s’appuie sur l’approche environnementale de l’urbanisme (AEU) portée par l’Ademe.
Cette expérimentation est menée, en temps réel, pendant trois ans (de 2006 à 2009), sur dix opérations pilotes (six lotissements et quatre Zac), qui ont été sélectionnées par un comité de pilotage composé de l’association HQE, de l’Ademe, des ministères de l’Équipement et de la Culture et de la Communication. L’objectif de cette expérimentation est de tester la méthodologie, la rendre opérationnelle, faire évoluer les pratiques professionnelles et constituer un cadre de référence commun aux acteurs de l’aménagement, dans le domaine de la qualité environnementale, dans une perspective de développement durable.
En suscitant la mobilisation de tous les acteurs du bâtiment et de l’aménagement, la démarche HQE participe à une dynamique de grande ampleur. Elle permet de contribuer à la défense de l’environnement, à l’amélioration des conditions de vie de chacun et à la modernisation d’un secteur déterminant pour l’économie. Certes, elle a un coût évalué en moyenne à environ 10 % du budget, mais elle génère des économies d’exploitation.
HQE
Les « quatorze cibles » : Maîtriser les impacts sur l’environnement extérieur
l Éco construction :
1. Relations harmonieuses des bâtiments avec leur environnement immédiat.
2. Choix intégré des procédés et produits de construction.
3. Chantiers à faibles nuisances.
l Éco gestion :
4. Gestion de l’énergie.
5. Gestion de l’eau.
6. Gestion des déchets d’activité.
7. Gestion de l’entretien et de la maintenance.
Créer un environnement intérieur sain et confortable
l Confort :
8. Confort hygrothermique.
9. Confort acoustique.
10. Confort visuel.
11. Confort olfactif.
l Santé :
12. Qualité sanitaire des espaces.
13. Qualité sanitaire de l’air.
14. Qualité sanitaire de l’eau.
L’association HQE est née, en 1996, pour prolonger et développer les travaux du Plan construction et architecture et les ouvrir à tous les maîtres d’ouvrage ou acteurs des professions concernées. Reconnue d’utilité publique, le 5 janvier 2004, elle est constituée de personnes morales, publiques ou collectives, et de membres d’honneur, regroupés en cinq collèges – représentant les maîtres d’ouvrage, les maîtres d’oeuvre, les entreprises et industriels, les experts, les organismes de conseil et de soutien –, avec une équipe de deux permanents. Des groupes de travail ont été créés à cet effet, dont on trouvera la liste et les activités sur le site www.assohqe.org. L’association organise chaque année les Assises de la HQE, qui permettent de faire le point sur l’avancement des pratiques et des attentes, en France et dans le monde.
Pont-de-l'Arche et ses habitants doivent pouvoir participer par une politique dynamique structurante et novatrice permettant de dessiner le Pont-de-l'Arche de DEMAIN.
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